L’esclave
20 avr 2012 Laisser un commentaire
in SF
Les livres des rai-kirah, tome 1
Carol Berg.
Lecture en partenariat avec Folio et cela grâce à Livraddict, merci pour ce poche SF très plaisant !
(Quatrième de couv’ : ) Seyonne n’a pas toujours été esclave. Autrefois, les membres de son peuple étaient les gardiens d’une magie protégeant le monde contre les démons. Autrefois… avant que les Derzhi ravagent leur terres et les réduisent en esclavage. Après seize années de misère et d’humiliation, Seyonne est résigné: il attend la mort en évitant le surcroit de souffrance qu’apportent l’espoir et le souci d’autrui. Mais, lorsqu’il est acheté pas Aleksander, prince de l’empire derzhi, son fatalisme désespéré vacille. Ce nouveau maître, d’une insouciante cruauté, héritier d’une civilisation qui a assujetti la sienne et règne sans partage sur son monde, semble la proie des démons. Que deviendrait le monde sous l’emprise d’un empereur à leur merci? Devinant en Aleksander les germes de la grandeur, l’esclave devra, pour la sauver, trouver la force de mener son dernier combat.
Ce premier tome de la trilogie Les Livres des Rai-Kirah correspond tout à fait à ce que j’attendais d’un livre de Fantasy. On y retrouve une histoire riche de détails et de rebondissements, comme j’adore. Tout le récit est à la “première personne” et on vit l’histoire dans la peau de Seyonne, esclave depuis une dizaine d’années. On se rend compte tout de suite que les aventures vont avoir deux héros : Seyonne et Aleksander, futur empereur, qui vient de le racheter. Le début nous entraine dans le monde de l’esclavage, monde très dur à supporter mais cette partie est indispensable pour comprendre ce monde, ses différents peuples et leurs codes, leur façon de vivre. Tout est superbement décrit, captivant et cohérent, mais incomplet, peut-être pour nous laisser découvrir d’autres facettes de ce monde dans les livres suivants.
Les deux personnages principaux vont évoluer au fil des pages et comprendre que leur destin est lié. Le Maître va petit à petit s’humaniser, l’Esclave va retrouver sa dignité, ses pouvoirs et va aider ceux qui l’ont rendu esclave, mais aussi son propre peuple qui l’a renié après sa capture. Tout les oppose, leur éducation, leurs idées mais ils vont se rejoindre car ils ont besoin l’un de l’autre et ont l’intelligence de le comprendre. Tout s’enchaine bien, on est captivé du début à la fin qui devient plus animée, avec les combats contre les démons, esprits malfaisants décrits de façon originale, comme des parasites. On retrouve aussi des personnages secondaires classiques : chef des esclaves, amis d’enfance, ancien précepteur, amour “perdu”… Il y a tellement de descriptions, de personnages intéressants, que j’ai envie de lire très vite la suite pour les retrouver, me replonger dans ce monde de style médiéval et souvent cruel, mais où règne aussi la magie, le merveilleux.
En résumé, un livre excellent, prenant et original d’une auteure qui a vraiment beaucoup de talent et un bel avenir dans ce style.
Note : 18/20
Le Haut-Lieu et autres espaces inhabitables
25 déc 2011 Laisser un commentaire
in SF
Serge Lehman.
(Quatrième de couv’ : ) Un ascenseur vétuste a déposé David et Anne sur le palier du 6e étage. Ils sont entrés. Une visite d’appartement, comme une autre. Et soudain l’espace se tord, les règles architecturales basculent dans un abominable trompe-l’oeil. Ils veulent fuir mais, sous leurs doigts, s’étend désormais une surface pleine et inaltérable…
Livre étrange, choisi par hasard au détour d’un rayon de ma librairie préférée, je n’ai pas regretté mon achat. Je n’avais jamais rien lu de cet auteur et ces nouvelles m’ont replongée quelques années en arrière quand je lisais des romans de Lovecraft ! on retrouve la même façon d’écrire, troublante, angoissante et fascinante. Finalement, ce n’est pas un bouquin de science-fiction comme on l’entend. On navigue vraiment dans le fantastique mais pas du tout du coté de la Fantasy.
C’est surtout la première nouvelle qui m’a plu : je ne voulais en lire qu’un peu mais, impossible de me décrocher du livre avant la fin de l’histoire. L’auteur nous emprisonne dans les fils du récit, nous manipule avec les mots. Tout doucement l’intrigue se dévoile et le style nous emporte. On en ressort épuisée, glacée par ce qui vient de se passer pour les deux héros de l’histoire. Je n’en dirai pas plus : il faut le lire et le vivre !Les autres nouvelles sont moins prenantes, bien que très originales. Elles sont complexes, nous entrainant dans des mondes différents, hallucinants. Elles sont toutes bien ficelées, l’auteur ayant une imagination débordante ! mais, au contraire de la première nouvelle, j’ai ne me suis pas attachée aux personnages, j’arrivais mal à les imaginer. Et au fond elles ne laissent pas autant de “traces” que la première nouvelle.
Ce recueil nous fait réfléchir sur notre existence, notre pensée, nos angoisses et ce qui se passe dans notre cerveau. Ça m’a aussi fait penser aux films “Matrix” par son coté “nous ne sommes que des pions dans l’univers !”. Un petit conseil : ne lisez pas la préface qui cherche à expliquer et dévoiler trop de choses : il est préférable de découvrir les récits qui, je crois, ne laisseront personne indifférent.
Note : 16/20
Crépuscule d’acier
19 avr 2011 4 Commentaires
in SF
Charles Stross.
Lecture en partenariat avec Le Livre de Poche et cela grâce à Livraddict, merci pour ce SF long mais plaisant !
(Quatrième de couverture : ) Nouvelle République, planète plutôt arriérée et en tout cas coincée côté culture pour ce XXVe siècle, subit l’invasion du Festival. Le Festival est une société galactiquement itinérante post-Singularité. Elle fait pleuvoir sur Nouvelle République une nuée de téléphones qui ne disent qu’une chose : « Bonjour. Tu veux bien nous distraire ? ». De la réponse dépend la récompense. Ainsi, des armes. Il n’en faut pas plus pour déclencher la Révolution. Et pour conduire les autorités à imaginer pour la vaincre de remonter le temps. Et risquer l’anéantissement de cette partie de la Galaxie, car l’Eschaton déteste qu’on touche à son histoire.
C’est qui, l’Eschaton ?
De la pure science-fiction délirante : voila ce que l’on peut dire de ce roman. Ce livre nous présente un monde complexe, des univers qui s’entremêlent, des voyages dans le temps. L’auteur a vraiment pris soin de détailler le pourquoi et surtout le comment du fonctionnement des objets rencontrés, des vaisseaux spatiaux. Il explique petit à petit à quoi sert le “festival” entité étrange parcourant l’espace intergalactique. On suit la vie d’une planète assez rétrograde et de ses habitants. Deux héros se détachent parmi les divers personnages du roman. On a du mal à les cerner au départ de l’histoire, mais on s’y intéresse et leur rôle s’affirme au fil des pages. Ces deux personnalités nous deviennent sympathiques. Les autres personnages qui gravitent autour font que l’on ne s’y attache pas, comme l’amiral ou les autres militaires. Ce sont souvent des caricatures. L’armée n’a pas souvent le beau rôle. L’auteur a fourni un travail très conséquent pour écrire ce roman extrêmement fouillé. J’ai mis plus de jours à lire ce livre que pour un roman de science-fiction classique. Au début, si l’on n’y prend pas garde, on risque de lâcher prise et de ne plus accrocher au récit. Il faut constamment réfléchir, se concentrer sur l’histoire. Il y a énormément de détails, souvent très compliqués. On a parfois l’impression de suivre un cours de physique. J’ai dû aller doucement et il m’est arrivé de recommencer certaines pages où les descriptions étaient denses, pleines de mots inventés, de démonstrations, de justifications. Mais tout s’explique ! Enfin, tout est expliqué par l’auteur dont on se demande s’il n’est pas aussi un visiteur de notre futur tant ses explications sont persuasives ! L’écriture est “travaillée”, le style est parfois grinçant et les hommes ne sont pas montrés sous leur meilleur jour. A la fin, on reste “sur sa faim” ! J’espère qu’il y aura une suite malgré le travail de lecture car il vaut mieux ne pas être fatiguée quand on se plonge dans ce récit. Je conseille dons ce livre à ceux qui aime la SF et qui aimeraient approfondir les notions qui y sont présentes grâce aux détails que donne l’auteur.
Note : 15/20
Canisse
14 oct 2010 Laisser un commentaire
in SF
Olivier Bleys.
Lecture en partenariat avec Folio SF et cela grâce à Livraddict, merci beaucoup =) !
Ce livre raconte l’histoire de Xhan, un des meilleurs gardes-pêche de l’univers, mis d’office à la retraite Il n’a plus rien à prouver, sait que sa fin est proche et part à la recherche d’un poisson fabuleux que traquent aussi des braconniers. Que va-t-il trouver sur Canisse, cette planète mystérieuse qui ne figure sur aucune carte ? Il a un étrange pressentiment…
Voilà un livre démoralisant, sombre me suis-je dis après les deux premiers chapitres ! Mais j’ai continué car l’auteur a une excellente maîtrise de l’écriture. Les phrases sont très élaborées, le style est fluide et le vocabulaire recherché.
Le personnage principal n’a jamais connu ses parents. Il n’a pas d’histoires, vit seul et la maladie qu’on lui annonce ne lui laisse que peu de temps à vivre. On a envie d’accompagner, de l’aider et tant pis pour cette atmosphère pesante mais si bien retranscrite ! On se dit qu’il n’a plus rien à perdre quand un inconnu lui propose cette “dernière” aventure, sur la planète Canisse et qu’il a raison de tenter l’aventure. Petit à petit on le suit et on se rend compte que rien n’arrive par hasard et qu’une machination se dessine. Que font les braconniers et les “nouveaux arrivés” sur Canisse ? Pourquoi son organisme réagit ainsi à l’approche de cet animal monstrueux ? Les questions sont multiples ! On plonge, comme Xhan dans cette mer très spéciale à la recherche de son identité et du poisson gigantesque.
Les descriptions sont très vivantes, on s’imagine tout à fait en compagnie du pêcheur, on comprend ses réflexions, ses interrogations. La vie des habitants de la planète est aussi très bien racontée et on se prend à la comparer avec celle des premiers habitants de l’Amérique face à l’arrivée des Conquistadors. L’auteur n’est pas tendre avec ses personnages et on souffre avec eux.
Difficile de se détacher de cette prose, qui maintient le suspens jusqu’à la fin du livre… que j’ai donc dévoré en trois soirs. Je le conseillerais à des amateurs de science-fiction aimant les univers pesants, glauques et les terribles secrets que l’on découvre à la fin.
Note : 15/20






