Le Magasin des Suicides

Jean Teulé.

Une belle couverture JAUNE !

(Quatrième de couv’ : ) Imaginez un magasin où l’on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l’humeur sombre jusqu’au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre.

Je suis tombée, par le plus grand des hasards, sur ce petit livre à la couverture jaune, éclatante, dont le titre ne laissait présager rien de très amusant. L’auteur m’était familier, je l’avais vu passer, parfois, à la télévision et j’avais beaucoup aimé son ton humoristique et sarcastique. Donc, j’ai acheté le bouquin, pour voir ! Difficile à décrire cette tranche de vie où l’on parle principalement des différentes façons de se donner la mort ! L’histoire se passe dans le futur, dans une ville quelconque. On suit la vie d’une famille dont tous les membres (les 3 enfants en particulier) sont très originaux, chacun à leur manière. Tout est voué à la tristesse dans ce petit magasin familial où les clients ne reviennent jamais car ils y ont trouvé leur « bonheur » ou plutôt leur malheur !

J’ai lu cette fable en quelques heures, ne pouvant me détacher de cette histoire délirante à souhait : de l’humour noir, en veux-tu, en voilà, des répliques absolument décapantes…on est entrainé dans ce récit qui paraît tellement réel et où toutes les bonnes actions deviennent mauvaises et inversement. Le style est nerveux, délié et précis. Les personnages sont très bien décrits, avec beaucoup de détails. Ils voient la vie de la même façon, sauf le petit dernier de la famille qui est le « vilain petit canard » et qui n’a qu’un but : faire rire et rendre heureux les autres. Evidemment, ses parents ne vont pas être d’accord et c’est très amusant de voir l’affrontement entre les membres de cette famille et ceci jusqu’à la fin du livre que je ne vous dévoilerai pas : il faut la découvrir par vous-même ! Malgré cette ambiance tournant autour de la mort et des différents moyens d’y arriver, on rit constamment et c’est finalement un livre qui redonne de l’énergie pour la journée et que j’ai adoré.

Note : 18/20

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Le Haut-Lieu et autres espaces inhabitables

Serge Lehman.

Ici, l'édition de poche.

(Quatrième de couv’ : ) Un ascenseur vétuste a déposé David et Anne sur le palier du 6e étage. Ils sont entrés. Une visite d’appartement, comme une autre. Et soudain l’espace se tord, les règles architecturales basculent dans un abominable trompe-l’oeil. Ils veulent fuir mais, sous leurs doigts, s’étend désormais une surface pleine et inaltérable…

Livre étrange, choisi par hasard au détour d’un rayon de ma librairie préférée, je n’ai pas regretté mon achat. Je n’avais jamais rien lu de cet auteur et ces nouvelles m’ont replongée quelques années en arrière quand je lisais des romans de Lovecraft ! on retrouve la même façon d’écrire, troublante, angoissante et fascinante.  Finalement, ce n’est pas un bouquin de science-fiction comme on l’entend. On navigue vraiment dans le fantastique mais pas du tout du coté de la Fantasy.

C’est surtout la première nouvelle qui m’a plu : je ne voulais en lire qu’un peu mais, impossible de me décrocher du livre avant la fin de l’histoire. L’auteur nous emprisonne dans les fils du récit, nous manipule avec les mots. Tout doucement l’intrigue se dévoile et le style nous emporte. On en ressort épuisée, glacée par ce qui vient de se passer pour les deux héros de l’histoire. Je n’en dirai pas plus : il faut le lire et le vivre !Les autres nouvelles sont moins prenantes, bien que très originales. Elles sont complexes, nous entrainant dans des mondes différents, hallucinants. Elles sont toutes bien ficelées, l’auteur ayant une imagination débordante !  mais, au contraire de la première nouvelle, j’ai ne me suis pas attachée aux personnages, j’arrivais mal à les imaginer. Et au fond elles ne laissent pas autant de « traces » que la première nouvelle.

Ce recueil nous fait réfléchir sur notre existence, notre pensée, nos angoisses et ce qui se passe dans notre cerveau. Ça m’a aussi fait penser aux films « Matrix » par son coté « nous ne sommes que des pions dans l’univers ! ». Un petit conseil : ne lisez pas la préface qui cherche à expliquer et dévoiler trop de choses : il est préférable de découvrir les récits qui, je crois, ne laisseront personne indifférent.

Note : 16/20

Retour à l’état sauvage

La Guerre des Clans, cycle 1, tome 1.

Erin Hunter.

Quoi de mieux que des chats pour un livre qui en parle ?

(Quatrième de couv’ : ) Depuis des générations, fidèles aux lois de leurs ancêtres, quatre clans de chats sauvages se partagent la forêt.
Mais le Clan du Tonnerre court un grave danger, et les sinistres guerriers de l’Ombre sont de plus en plus puissants. En s’aventurant un jour dans les bois, Rusty, petit chat domestique, est loin de se douter qu’il deviendra bientôt le plus valeureux des guerriers…

Très attirée par la couverture du livre car j’adore les chats, je l’ai acheté bien qu’il soit destiné, en priorité à un public jeune. On suit donc l’histoire d’un jeune chat domestique qui, attiré par l’inconnu, part rejoindre un clan de chats sauvages dans la forêt. Ce chaton, Rusty, dans la peau duquel on se glisse, va avoir de multiples aventures. Il va avoir du mal mais il va être accepté parmi les guerriers après avoir affronté avec courage les membres du clan et d’autres guerriers des clans parallèles. Tous les ingrédients d’un roman d’aventure, avec une pointe de « fantasy » se retrouvent dans ce livre : il va se faire des amis, mais aussi des ennemis, même au sein de son clan. Il aura des déceptions, des regrets, des hésitations…il va mener des actions plutôt héroïques. On trouve une pointe d’histoire d’amour, légèrement suggérée, mais surtout de l’amitié entre chatons devenant chats à part entière et guerriers à la fin de ce tome. Le monde des humains est retranscrit dans le monde animal avec tout de même assez d’invraisemblances. Mais, bon ! Cela ne sera pas perçu par les jeunes lecteurs. On y retrouve les rivalités au sein d’un clan entre le chef et ses subalternes, entre les guerriers. Le style du livre est simple, classique, c’est peut-être parce que l’histoire est écrite par 2 auteures anglaise sous un nom d’emprunt. Bien qu’il y ait beaucoup d’actions, de découvertes, de trahisons, j’ai trouvé ce livre un peu long. Les descriptions se ressemblent souvent, les situations sont redondantes et le petit coté fantastique et magique apparait trop rarement à mon goût. Il manque du rythme et du mystère et j’ai eu du mal à finir le livre. Je ne crois pas que j’attaquerai le tome 2. Je reconnais que cette série puisse plaire aux jeunes lecteurs (12 à 15 ans) aimant les animaux par son coté imaginaire aussi.

Note : 12/20

Jake Ransom et le sphinx hurlant

Jake Ransom, tome 2.

James Rollins.

On ne dirait pas un livre jeunesse.

(Quatrième de couv’ : ) En Egypte, la découverte d’une étrange momie affole les archéologues. Jake et Kady n’ont peur de rien ! Ils foncent entreprendre des fouilles. Mais le Roi Squelette leur a tendu un piège. Les voici précipités dans le monde des Tribus Perdues. Heureusement ils ne tardent pas à retrouver leurs inséparables complices Marika, Pindor et Bach’uuk. Tous ensemble, les apprentis aventuriers devront déjouer les plans machiavéliques de leur ennemi, cette fois armé d’un talisman aux pouvoirs redoutables…

Pour changer un peu, je me suis plongée dans un livre destiné à la jeunesse (10-12 ans je pense) pensant retrouver l’ambiance du dernier livre critiqué de ce style (Mystery), en septembre dernier. J’avoue avoir été déçue par cette suite des aventures de Jake Ransom. Pourtant le début m’a semblé sympathique et, bien que je n’ai pas lu le premier tome, j’ai facilement compris « qui était qui » ! L’histoire est fouillée, pleine de rebondissements, de mystères, de monstres anciens et de voyages dans le temps ce qui plait habituellement aux jeunes lecteurs friands d’aventures fantastiques. Mais, l’auteur en fait un peu trop. Au bout d’un moment, tout se mélange et il y a vraiment trop d’invraisemblances, il exagère les situations et le rôle de Jake devenant un super-héros. Les autres personnages en sont effacés, malheureusement. J’aurais aimé qu’ils participent plus au déroulement de l’action, en particulier sa sœur et que leurs relations sont plus développées, qu’ils soient plus « humains » en montrant leurs forces et leurs faiblesses. C’est dommage aussi qu’il manque une touche d’humour et de gaité dans ce livre. Cet aspect le rendrait plus avenant à un jeune public, qui veut de l’aventure, des retournements de situation mais aussi de la tendresse et de la joie. En conclusion, je dirais que l’écriture est nerveuse, ne nous laissant pas de répit. Les explications sont rapides, trop rapides souvent et j’ai eu parfois du mal à suivre. C’est un livre agréable à lire mais moyen, à mon avis.

Note : 12/20

Faux semblant

Whit Mosley, tome 1.

Jeff Abbott.

Même genre de couverture que l'autre

(Quatrième de couv’ : ) Lorsque le fils d’un sénateur, devenu star du porno, revient dans sa ville natale du Texas, cela n’augure rien de bon. Lorsqu’il est retrouvé mort à bord de son yacht, alors qu’il enquêtait discrètement sur la mystérieuse disparition, des années auparavant, de son frère, c’est un véritable cauchemar qui commence pour les deux enquêteurs, Whit Mosley et Claudia Salazar. De secrets de famille bien enfouis en zones d’ombre, de faux-semblants en mensonges et autres manipulations, c’est au péril de leur vie qu’ils devront affronter un tueur aussi pervers que machiavélique.

Ca y est : après « entre les morts », j’ai enfin lu le premier roman policier dont le « héros » est le juge Mosley, jeune homme atypique, ressemblant plutôt à un vacancier habillé décontracté et désœuvré coulant des journées simples dans sa ville de province américaine. Il est têtu, attachant et on se prend vite d’amitié pour lui. Je l’ai retrouvé avec bonheur ainsi que Claudia, son amie policière, assez mal-aimée par ses collègues (elle a le malheur d’être une femme, d’origine latine en plus !) et son copain Gooth, bizarre mais très efficace et dont les apparitions et les actions sont bourrées d’un humour dévastateur.

L’enquête policière est classique, elle avance tranquillement, nous faisant arpenter plusieurs fausses pistes avant d’aller sur la bonne. Parfois, on se retrouve dans la peau du tueur, ça fait étrange, au début, car on n’est jamais prévenu par un changement de caractères du livre par exemple, que c’est lui qui « parle ». Je trouve d’ailleurs que ce personnage n’est pas assez présent : j’aurais aimé avoir plus de détails sur sa vie, sa psychologie, ses motivations profondes. Mais c’est le seul point négatif du roman que j’ai beaucoup aimé par ailleurs.

La société américaine est bien décrite avec ses intrigues politiciennes, ses bons et ses méchants, le milieu sordide du porno et du cinéma en général. Il y a beaucoup de personnages peu sympathiques et qui auraient faits de parfaits coupables. Le style de l’auteur est juste, coulé et nous emmène patiemment vers le dénouement. On voit les personnages, on les imagine et on se surprend à mettre des noms d’acteurs et d’actrices dessus.

Il ne me reste plus qu’à attendre le roman policier suivant où je retrouverai le juge Mosley, égal à lui-même, avec ses acolytes sympathiques et qui m’entrainera dans une nouvelle enquête palpitante.

Note : 16/20

L’Apprenti assassin

L’Assassin royal, tome 1.

Robin Hobb.

Plusieurs editions sont dispo

(Quatrième de couv’ : ) Au château de Castelcerf le roi Subtil Loinvoyant règne sur les Six Duchés ; il est aidé dans sa lourde tâche par son fils Chevalerie qui comme son père et tous les nobles du royaume porte le nom de la qualité que ses parents espéraient le voir développer. Ainsi le frère du Roi-servant s’appelle t’il Vérité et leur demi-frère, né d’un second lit, Royal. Suite à une aventure restée inconnue de tous, Chevalerie donne à la lignée un nouveau descendant : un bâtard, dont la simple existence va bouleverser le fragile équilibre qu’avait établi le roi pour contrôler ses turbulents fils. Ce héros malgré lui, nommé Fitz, voit son avenir s’assombrir au fil du temps. Alors que les autres enfants ont déjà leur place à la cour et dans ses intrigues, lui devra la mériter et servir la couronne en devenant ce que personne ne voulait être : l’Assassin royal. Au service de son roi il apprendra les poisons, le meurtre et la trahison..

J’avais entendu parler de cette saga de Fantasy depuis très longtemps, en me disant qu’un jour je m’y mettrais ! Voilà, c’est fait, on m’a offert le 1er tome des aventures de Fitz, futur assassin. Ce tome est à la hauteur de sa réputation.

Très bien écrit, dans un style, à la fois précis et fluide. Tout ce qui est relaté a son importance, tous les détails comptent et il faut se concentrer dans le premier tiers du livre pour se mettre dans l’ambiance. Il faut résister et ne pas « sauter » de pages car on entre peu à peu dans l’histoire de ce jeune garçon, bâtard du roi-servant. On suit sa vie, à partir de ses six ans, dans une époque plutôt moyenâgeuse, difficile, très bien imaginée, que l’on arrive à se représenter facilement. Peut-être est-ce dû aux noms de lieux, d’animaux et de personnes ? C’est très original d’associer le nom d’une personne à son caractère ou sa fonction (roi Subtil, prince Royal, prince Vérité….).

L’ambiance est particulière avec évidemment, comme dans tout roman de Fantasy, des pouvoirs particuliers, de la magie, des intrigues pour le pouvoir. Les personnages secondaires sont très recherchés, quelque soit le type de personne, en bas ou en haut de l’échelle de la société. Les animaux aussi sont attachants surtout à travers la « vision » du héros qui possède un pouvoir, plutôt considéré comme maudit et qu’il doit cacher. Le récit monte doucement en puissance pour nous maintenir attentif.

Et, naturellement, à la fin, on reste sur sa faim ! On veut en savoir plus !, sur Fitz qui n’a sa place ni dans la famille royale, ni dans celle du simple peuple, sur le Fou du roi, qui le guide grâce à ses visions mais reste très mystérieux, mais aussi sur la parenté royale, les conspirations, les espions… je ne vois qu’une solution : me faire offrir les livres suivants ou les acheter de guerre lasse !

Note : 17/20