Le troisième pôle

Guillaume Lebeau

Lecture en partenariat avec Marabout et cela grâce à Livraddict, merci pour cette bonne découverte !

Appétissant non ?

(Quatrième de couv’ : ) 1912, au Cap Nord en Norvège. Un enfant est atrocement sacrifié au nom d’un rituel à Gaïa. 1996, à Jökulsárlón en Islande. Le corps d’une jeune femme nue et entièrement recouvert de tatouages est découvert, emprisonné dans la glace. Novembre 2010, à Spitzberg entre la Norvège et le pôle nord. Smila, une jeune paléoclimatologue française, tente de rejoindre son père, chercheur sur la base de Ny-Ålesund, pour lui apporter une série de documents qu’il lui a demandés. Mais au moment où elle arrive sur la base, celle-ci est attaquée et mise à sac par un groupe d’hommes surentraînés. Le père de Smila meurt dans l’incendie de Ny-Ålesund avant d’avoir pu lui révéler l’objet de ses recherches. Que cherchait à détruire ce gang ? Quelles recherches menait le père de Smila ? Quels secrets renferment les documents du père de Smila ? Dans cette enquête qui la mènera aux quatre coins du monde, la paléoclimatologue découvrira qu’une sombre organisation cherche à troubler l’ordre mondial…

J’ai abordé ce roman avec l’espoir d’être dépaysée et emportée dans une aventure dans des contrées peu décrites dans les romans français et avec des personnages hors du commun. Eh bine, j’ai été servie ! Ce thriller écologique nous entraine de façon ébouriffante d’Islande en France puis de Russie en Antarctique (et je ne cite pas tous les pays !). La construction du roman est nette car divisée en trois parties ; les chapitres sont courts d’où un rythme élevé et beaucoup de clarté dans la progression de l’histoire. Le livre se lit facilement mais il ne faut pas l’abandonner quelques jours car, dans ce cas, on a du mal à se rappeler de tout !

Il y a beaucoup de personnages qui se succèdent, auxquels on s’attache alors qu’ils vont vite disparaitre (dommage pour certains d’ailleurs !). Au bout de quelques chapitres, on suit vraiment les aventures de Smila Sibir, la jeune paléoclimatologue qui va découvrir, en même temps que nous, pourquoi elle est traquée tout au long des pages par des « méchants », des vrais comme ceux des films de James Bond.  Tous les ingrédients d’un thriller actuel à suspens sont réunis : une société secrète adepte du culte scandinave ancien de Gaïa et qui restera mystérieuse jusqu’au bout, des industriels richissimes, mégalos et véreux, des écologistes, organisés, solidaires et des « agents doubles » qui gravitent autour. Tout nous rappelle l’actualité et les défis du monde actuel, les enjeux politiques, le dérèglement du climat et le combat des scientifiques pour alerter la population mondiale. L’auteur s’est très bien documenté et les descriptions sont parfaites. On voyage dans le froid et le vent en restant tranquillement au chaud.

En même temps, on découvre les forces et les faiblesses de l’héroïne, son intelligence et ses convictions dont certaines seront balayées au fil de l’histoire. Elle découvre les secrets de son père et se découvre elle-même, tout au long du roman et la fin arrive beaucoup trop vite : il aurait fallu une centaine de pages en plus car on reste sur sa faim : c’est peut-être pour le roman suivant car c’est seulement une bataille, pas la guerre car celle-ci est à l’échelle mondiale, qui est gagnée par Smila et son « compagnon », Ethan dont le rôle reste encore trouble pour moi, étant donné son passé plutôt secret. Vous aurez compris que ce livre m’a énormément plu et j’attends la suite avec impatience non dissimulée.

Note : 18/20

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Le mec de la tombe d’à côté

Saga Benny et Désirée, tome 1.

Katarina Mazetti.

Classique pour une couverture du genre.

(Quatrième de couv’ : ) Désirée, veuve depuis peu, se rend régulièrement sur la tombe de son mari, mais par acquit de conscience essentiellement… Son mariage tenait plus du «copinage» que du grand amour. Au cimetière, elle croise souvent un homme de son âge, qui vient se recueillir sur la tombe d’à côté, et dont l’apparence l’agace autant que ladite tombe avec sa stèle tape-à-l’oeil. Bibliothécaire, Désirée se consacre tout entière à son travail. Quant à Benny, il s’est retrouvé seul à gérer la ferme familiale et ses 24 vaches laitières après le décès de sa mère. Rien, a priori, ne rapproche ces deux-là, et pourtant, il suffira d’un sourire qui éclate simultanément sur leurs lèvres pour qu’ils soient tous deux éblouis. C’est le début d’une histoire d’amour assez cocasse !

Une amie m’a prêté ce roman qu’elle avait beaucoup apprécié. Je l’ai lu très vite, emportée par le rythme de l’écriture, sans temps mort. C’est un livre divertissant, frais, avec beaucoup d’amour et d’amitié, de joies et de peines ! un livre qui m’a laissée souriante et amusée. Bien sûr ce n’est pas de la grande littérature mais j’ai vraiment passé un très bon moment. Dés les premières pages, on est surpris par la situation cocasse de cette rencontre dans un cimetière et on a envie de savoir comment vont se dérouler les choses, comment ces deux êtres, Désirée et Benny, que tout oppose, vont parvenir à se trouver. Ils vivent chacun sur une planète différente, avec des codes, des habitudes que chacun trouve bizarres. Bien que tout les oppose, ils s’aiment et on assiste à leurs efforts pour s’adapter à la vie de l’autre. On rit beaucoup en lisant ce livre, bien que, parfois, il y ait quelques exagérations. Les personnalités des deux héros éclipsent celles des personnages secondaires dont on suit les vies et les interventions de façon distraite. L’écriture est vive, facile. Les chapitres sont alternativement consacrés à chacun avec souvent la même histoire racontée par Désirée puis par Benny. C’est cette confrontation qui est intéressante, on ne sait pas comment ça va continuer, qui va réussir à entrainer l’autre dans son monde. Il faut dire qu’il y a peu de points communs entre une bibliothécaire et un éleveur de vaches laitières. Ils ont beau essayer et faire des efforts, tout ne se passe pas aussi bien ! mais je ne vais pas vous raconter la fin ! c’est un livre romantique, humoristique et « souriant » qu’il faut déguster et garder en mémoire quand on vous parlera du choc des cultures, car il en est un exemple frappant.

Note : 16/20

La mort dans les yeux

Torkil Damhaug

(Un chat sur la couverture !!)

(Quatrième de couv’ : ) Mailin Bjerke, une jeune psychologue, disparaît d’Oslo au moment où elle s’apprête à faire des révélations dans un talk show consacré à la pédophilie et animé par un certain Berger, ancien prêtre rockeur au passé sulfureux. Sa soeur Liss, mannequin anorexique qui carbure à la cocaïne à Amsterdam, tue accidentellement un certain Zako qui veut la faire chanter en lui montrant des photos de Mailin. Elle s’enfuit en Norvège et va tout mettre en oeuvre pour retrouver sa soeur. Jusqu’à se jeter dans la gueule du loup.  Abus sexuels, traumatismes, jeux de cache-cache. Qui est le chat et qui est la souris ? Quel est le vrai visage de ce psychopathe capable de crever les yeux de ses victimes ?  Quel est le lien avec des vacances en Méditerranée, dix ans plus tôt ? Un poème, un sentiment amoureux qui va se transformer en furie vengeresse.

Ce roman policier, prêté par un ami, m’a laissée perplexe. Le résumé  avait l’air clair et présentait une intrigue vivante et originale, dans les milieux sulfureux de Norvège. Mais petit à petit, on découvre que l’on croit aller dans une direction, avec des personnages que l’on commence à cerner, puis, tout à coup, l’histoire se transforme et on a affaire à d’autres personnages. Je ne parle pas, en plus, des premières pages qui se passent bien avant le meurtre à élucider. Je n’aime pas d’ailleurs cette méthode car, souvent, elle permet de deviner trop vite le coupable.

Les personnages se suivent et seuls certains vont évoluer au fil du temps, d’autres vont disparaitre des pages, pourquoi ? de nouveaux vont faire leur apparition. Certainement pour troubler le lecteur, le faire aller d’un coté puis d’un autre, le manipuler. J’ai failli, à plusieurs reprises, abandonner la lecture car brusquement, il n’y avait plus d’actions, tout ralentissait, comme un soufflé qui retombe ! L’écriture est simple dans la construction des phrases, mais compliquée dans l’enchainement des idées. Dans ce roman policier, on a du mal à dissocier les hallucinations dont est victime la jeune mannequin Liss, de la réalité. Tout devient flou et l’auteur, diplômé en psychiatrie, nous entraine loin d’une réflexion classique.

Il est difficile de « coller » au rythme à ce livre. Plusieurs histoires se rejoignent, celle de Jo, enfant troublant et troublé, celle de Berger, animateur de télé au passé douteux, celle de Mailin, psychologue et c’est bien parce que l’héroïne, Liss, sa sœur, est attachante, que j’ai terminé ce livre.  Des personnages secondaires sont aussi intéressants, comme le médecin légiste, l’ami sportif amoureux… Bref, je ne regrette pas d’avoir lu ce policier mais il ne me laissera pas un grand souvenir, donc pour vous, à lire à l’occasion, mais sans obligation !

Note : 12/20

Un Automne à River Falls

River Falls, tome 2.

Alexis Aubenque

Un prix polar 2009, voyons voir ...

(Quatrième de couv’ : ) En ce début d’automne, deux assassinats commis coup sur coup viennent troubler la tranquillité toute relative de River Falls, déjà ébranlée par un sordide fait divers quelques mois plus tôt. Le premier crime fait grand bruit : Robert Gordon, un avocat brillant, philanthrope à ses heures, est retrouvé électrocuté dans le Jacuzzi de sa luxueuse demeure, sur les hauteurs de la ville. Tout laisse penser que le meurtrier a voulu faire croire à un suicide, mais le subterfuge est grossier. Le même jour, le corps d’un SDF roué de coups et jeté dans la rivière arrive à la morgue, sans susciter beaucoup d’émoi. A priori, aucun lien entre les deux affaires. Le shérif Mike Logan, épaulé par sa compagne, la célèbre profileuse Jessica Hurley, va devoir élucider les meurtres. Commence alors une plongée inquiétante dans les noirceurs de l’âme humaine qui révélera des secrets dévastateurs.

Ce roman policier nous dépeint la vie d’une petite ville des Etats-Unis, ville moyenne classique avec son lot de meurtres, de rivalités… les « affaires » dans lesquelles trempent des politiciens, des notables de la communauté vont réapparaitre à la surface suite à un meurtre : celui d’une personnalité de la ville. On suit, en parallèle, l’enquête sur le meurtre d’un clochard. Une troisième histoire nous est contée : celle de 2 frères qui entrent à l’université de la ville. Ces 3 histoires ne semblent pas liées, mais il est évident que des liens vont apparaître petit à petit. Quelques flash-back sont disséminés au fil des chapitres et on comprend assez vite la trame du récit :

Le personnage central est un shérif, un peu désabusé, avec des problèmes personnels qui se greffent sur ses problèmes au travail. Il est sympathique ainsi que la plupart des personnages du roman sauf les « vrais méchants », bien sûr. Malheureusement, cette enquête ne m’a pas assez prise « aux tripes », comme on dit : je l’ai lue d’un œil distrait car j’ai trop vite deviné ce qui se passait ! ce roman est finalement trop classique : on y retrouve les étudiants américains avec leurs groupes, leurs accrochages, leurs vies nocturnes avec alcool, filles à conquérir… les habitants sont aussi conformes à l’image que l’on se fait de la société américaine, avec leur défiance vis-vis des étrangers, des noirs, des originaux, des pauvres… rien de nouveau sous le soleil (ou la brume) de cet automne !

Dommage, je suis un peu déçue, j’aurais aimé plus d’originalité, de l’humour aussi, des rebondissements moins évidents, des indices moins flagrants. Je n’ai rien à reprocher au style d’écriture, qui est fluide et clair mais qui nous perd parfois dans des détails inutiles qui font retomber la tension. La lecture en devient pesante comme l’atmosphère de la ville en cet automne 2007.

Note : 12/20