Docteur à tuer

Josh Bazell

Toujours le même genre de couverture

(Quatrième de couv’ : ) Le Dr Peter Brown est interne dans le pire hôpital de Manhattan. Il a du talent pour la médecine, des horaires infernaux et un passé qu’il préférerait taire. Qu’il s’agisse d’une artère bouchée ou d’un projet machiavélique de procès pour erreur médicale, il connaît le mal qui se tapit dans le coeur des hommes. Il faut dire que, dans une autre vie, le Dr Brown a été Griffe d’ours, un tueur à gages pour la mafia. Eddy Squillante, son nouveau patient, n’a plus que trois mois à vivre, et peut-être moins, lorsqu’il découvre que sous les traits de son nouveau médecin se cache Griffe d’ours. Avec la mafia, le gouvernement et la mort en personne qui s’abat sur l’hôpital, le Dr Brown parviendra-t-il à survivre et à saisir sa dernière chance de rédemption ?

Ce roman policier, que l’on m’a incité à lire, jouissait d’une bonne réputation auprès des lecteurs de ce genre de roman. Le résumé me donnait envie de le lire rapidement et c’est ce que j’ai fait !  c’est le premier livre de Josh Bazell et on se rend compte qu’il veut parfois « trop en dire » et « trop en faire ».

Le style manque de fluidité et il ne prend pas le temps de laisser venir les choses et de maintenir le suspense. Je reconnais qu’il y a beaucoup d’énergie dans l’écriture et que parfois ça part dans tous les sens comme un feu d’artifice : détails sanglants, descriptions médicales poussées, histoires compliquées qui s’entremêlent …. On a parfois du mal à suivre car les chapitres parlant du passé du héros et ceux racontant le présent s’intercalent et il faut garder toute son attention pour suivre finalement deux histoires à la fois.

Peter Brown, surnommé Griffe d’Ours dans son ancienne vie est un personnage bizarre et attachant de temps en temps ou énervant suivant les moments du récit. Une des particularités du livre, c’est les notes en bas de pages pour expliquer les termes médicaux et on voit que l’auteur connait son sujet ! Il y a de l’humour mais on ne retrouve quand même pas celui très cynique du Docteur House, comme cité dans le résumé. On est loin de la finesse du héros de la série télévisée. Il aurait fallu que l’auteur de ce livre prenne plus de temps pour raconter l’histoire qui devient vraiment trop « chargée » et pas assez approfondie, notamment au niveau des caractères des personnages principaux et secondaires.

J’ai tout de même passé un bon moment, j’ai souris de temps à autre, mais ce livre ne restera pas dans ma mémoire parmi les policiers préférés.

Note : 13/20

Le Livre sans nom

Saga Bourbon Kid, tome 1.

Anonyme.

Anonyme ? D’accord …

(Quatrième de couv’ : )Santa Mondega, une ville d’Amérique du Sud oubliée du reste du monde, où sommeillent de terribles secrets. Un serial killer qui assassine ceux qui ont eu la malchance de lire un énigmatique livre sans nom. La seule victime encore vivante du tueur, qui, après cinq ans de coma, se réveille, amnésique. Deux flics très spéciaux, des barons du crime, des moines férus d’arts martiaux, une pierre précieuse à la valeur inestimable, un massacre dans un monastère isolé, quelques clins d’oeil à Seven et à The Ring, et voilà le thriller le plus rock’n’roll et le plus jubilatoire de l’année ! Diffusé anonymement sur Internet en 2007, cet ouvrage aussi original que réjouissant est vite devenu culte. II a ensuite été publié en Angleterre puis aux Etats-Unis, où il connaît un succès fulgurant.

Je remercie vivement la personne qui a mis ce livre dans les mains il y a quelques jours….et que j’ai lu très rapidement (en 3 soirs) car on est pris dans un tourbillon au bout de quelques chapitres. C’est un livre qui décoiffe, qui nous embarque dans un univers particulièrement déjanté ! le temps de prendre ses marques et de s’approprier les noms des personnages (ce sont d’ailleurs plutôt des surnoms), faciles à mémoriser, puis nous voilà dans cette histoire de recherche d’une pierre magique et d’un tueur revenu d’on ne sait où pour assassiner toute personne ayant lu un livre donnant des indices sur cette fameuse pierre !

Et, là, tout explose, au sens réel comme au sens figuré : on ne sait plus si on est dans un scénario de film de vampires, de kung fu ou de thriller policier, ou un western digne des frères Cohen, sans oublier un mélange de tout qui aurait pu être fait par Tarantino (j’ai pensé à Kill Bill). Ça flingue de partout, le sang et les morceaux de cervelle giclent en permanence. Les détails sanglants ne sont pas oubliés, mais tout cela est décrit avec un humour noir et féroce.

Le héros Bourbon Kid reste mystérieux jusqu’à la fin, les bons deviennent « méchants » et les méchants … restent « méchants » … les moines se battent pour cette pierre qu’on leur a volé, d’autres voudraient juste la monnayer, d’autres s’en servir pour vivre éternellement : toutes les histoires se télescopent continuellement en un feu d’artifice sanglant. Je n’aime habituellement pas les scènes « gore » mais là, l’humour, les dialogues efficaces et percutants, les rebondissements multiples m’ont captivée. Plus je lisais, plus je voulais connaitre la suite ! Evidemment l’auteur ne fait pas dans le style « grande littérature », mais l’originalité et l’efficacité sont au rendez-vous, dans cette histoire tordue à souhait et dans les dialogues savoureux et décalés. J’ai passé un très très bon moment et j’espère lire les suites très rapidement.

Note : 17/20

La tour noire

Louis Bayard.

Un autre thriller.

(Quatrième de couv’ : ) Paris, 1818. Les expériences révolutionnaires et napoléoniennes ont vécu. Dans un pays en pleine confusion politique, les Bourbons, en la personne de Louis XVIII, sont de retour sur le trône. C’est dans ce contexte politique et social trouble qu’Hector Carpentier, un jeune étudiant en médecine, est soupçonné du meurtre d’un inconnu. Mais le directeur de la Sûreté nationale, François Eugène Vidocq, doute de la culpabilité d’Hector. Personnage mystérieux, féru d’investigations scientifiques et d’espionnage, Vidocq doit mettre tous ses talents en oeuvre lorsqu’il comprend que l’affaire est liée à la disparition du Dauphin, Louis XVII, officiellement mort en 1795 à l’âge de 10 ans à la prison du Temple, construite cinq siècles plus tôt par les Templiers. Alors qu’un tueur mystérieux continue à sévir dans les rues de Paris, commence pour Vidocq, secondé d’Hector, une enquête passionnante. Un ami m’a prêté ce thriller « historique » de Louis Bayard il y a quelques semaines. Il a eu bien raison car, malgré le nombre de pages assez conséquent, je l’ai lu très vite en quelques soirs, pressée que j’étais, de connaitre la suite d’un soir à l’autre ! ce roman mêle histoire du XIXème siècle, police avec les débuts de Vidocq tout juste promu directeur de la sûreté nationale et mystère au sujet du dauphin (Louis XVII) que tous croient mort.

Le style est vif, alerte. Les phrases sont courtes et précises. Les dialogues sont bien sentis, efficaces et, ce qui ne gâche rien, il y a de l’humour, de la dérision mais aussi de la tendresse et de la compassion. Le récit est foisonnant, avec beaucoup de rebondissements et on progresse dans deux époques qui sont bien distinguées par l’écriture car l’une est en italique et l’autre normale. On passe donc, sans effort d’une époque à l’autre. Les personnages sont attachants, les seconds rôles bien présents et intéressants et on visualise facilement les scènes. Il y a beaucoup de descriptions de Paris et des habitudes à cette époque. L’auteur s’est parfaitement documenté sur cette période de l’histoire française.

Le personnage principal, Hector Carpentier, étudiant en médecine, « grandit » au fil des pages, se bonifie au fil du temps et devient finalement une aide précieuse pour Vidocq qui l’entraine dans ses enquêtes et le forme de façon insidieuse au métier d’enquêteur. Je ne veux pas parler trop précisément des autres personnages pour ne pas trop en dire sur l’histoire que doit être découverte petit à petit, pour garder le suspense jusqu’au bout. En résumé, ce roman policier a beaucoup de qualités et m’a entrainée dans un siècle passé, pour résoudre une énigme policière de tout premier ordre.

Note : 17/20

Le secret de Crickley Hall

James Herbert

Un thriller Milady ?

(Quatrième de couv’ : ) Crickley Hall : une vieille demeure comme on n’en trouve que dans les régions reculées de l Angleterre. Vaste et sinistre, elle a même l air un peu menaçant. Lorsque Gabe et Eve Caleigh viennent s’y installer avec leurs deux petites filles, ils espèrent y trouver la paix, et tourner la page sur le terrible malheur qui a frappé leur famille. Mais quelque chose ne va pas… Bientôt des bruits inexplicables les arrachent au sommeil. Les enfants sont les seuls témoins d étranges apparitions. Et, chaque matin, la porte de la cave est entrouverte alors qu on l’avait fermée la veille. Cette maison est le dernier endroit que les Caleigh auraient dû choisir. L’horreur qui les y attend dépasse tout ce qu ils pouvaient imaginer. Oserez-vous affronter le terrifiant secret de Crickley Hall ?

N’ayant jamais lu de roman de cet auteur britannique très connu, je me réjouissais à l’idée de me plonger dans ce livre qui avait eu un énorme succès européen. J’aime découvrir les secrets et le titre me donnait déjà envie ! Le thème aussi : vieille maison hantée, famille qui essaie de se reconstruire après un malheur…. Tout était donc réuni pour passer un « bon » moment, douillettement installée sous la couette en fin de soirée, dans la pénombre pour frissonner à souhait. Malgré tout ça, je n’ai pas vraiment accroché à cette histoire : les retours en arrière, dés le début du roman, nous donnent trop d’indices sur l’histoire ancienne de la maison et sur les circonstances qui ont fait que cette bâtisse renferme des fantômes, plus ou moins accueillants.

Finalement, il y a peu de suspens, tout devient limpide et on se contente de voir comment les personnages vont réagir aux événements étranges, comprendre eux-aussi ce qu’il faut faire. La famille Caleigh, déjà fragile psychologiquement à l’arrivée dans la maison, est très attachante et on a peur pour elle. Les personnages secondaires sont bien campés mais certains, dont je croyais qu’ils auraient de l’importance, comme le pasteur, les enfants du village, ne sont plus évoqués au fil des pages.

Les ingrédients nécessaires à un bon thriller d’épouvante étaient donc là, mais ce roman est long, trop long ! J’avoue avoir « sauté » souvent des pages de descriptions inutiles comme les courses à faire et des aliments achetés, des pages de tentatives d’explications déjà abordées comme les flaques d’eau qui apparaissent dans le hall.

Bien sûr, on sent que l’auteur est un professionnel du genre mais je m’attendais à plus de rythme dans l’écriture, plus de rebondissements : la fin est très prévisible et c’est vraiment dommage. Je ne pense pas me précipiter pour lire un autre roman de cet auteur qui m’a laissée sur ma faim.

Note : 12/20