Organes à tous les coups

Denis Alamercery.

Lecture en partenariat avec Scrinéo et cela grâce à Livraddict, merci pour ce thriller surprenant !

Pas très marrant …

( Quatrième de couv’ : ) Une fois encore, il se retrouve embarqué, malgré lui dans une aventure dans laquelle il devra déjouer les plans macabres de réseaux criminels internationaux. Pour quelle raison ces mexicains avec lesquels il a eu le malheur de jouer au poker ne le lâchent-ils pas d »une semelle ? Avec une équipe de choc constituée de Gino, le mafieux sicilien plein de ressources, d’Anna, agent secret espagnol « rejeton issu d »une nuit d’amour trop arrosée entre Obélix et une pelleteuse Caterpillar », et la charmante commandant Moreau, agent de la DGSE (Fugiers aurait-il trouvé plus forte tête que lui ?), notre superhéros va-t-il réussir à déjouer tous les pièges que lui tendent les truands ?

Je commencerai par un super grand merci pour avoir pu participer à ce partenariat car ce roman policier décoiffant m’a fait passer un moment que je qualifierai de génial ! Nous suivons, sur les chapeaux de roue (l’histoire se passe en 7 jours), les tribulations d’Arno Fugiers, policier embauché contre son gré qui mène une enquête avec 3 acolytes. Le décor est posé : il ne reste plus qu’à se laisser porter par l’histoire, les découvertes successives de meurtres, les « pourquoi » et « comment » que l’on se pose petit à petit en même temps qu’Arno. Et il faut dire que l’intrigue est intéressante et que l’on ne voit pas tout de suite où elle va nous emporter. On traverse la semaine avec lui et je l’ai trouvé déjanté à souhait ! Un personnage « à la San Antonio », avec ses qualités mais surtout ses défauts, ses travers multiples… mais aussi son sens de la justice et de l’honneur ! et surtout son obstination à décider ce qu’il veut quand il veut ! Une « nature  » donc. Les autres personnages sont aussi très bien « croqués » : je les imaginais tout à fait et je ne suis pas surprise que l’auteur écrive des scénarios. On ne s’ennuie pas une seconde, le suspens est bien ménagé, il y a du rythme, de la fluidité qui fait que tout se déroule sans prise de tête.

Un vrai bonheur agrémenté par l’humour qui est présent tout au long du livre, humour dû aux situations, mais aussi aux dialogues savoureux qui m’ont fait éclater de rire plusieurs fois malgré la découverte de morts et d’un trafic pas si drôle que ça. Ce qui ne gâche rien, c’est que l’auteur nous concocte des renvois en « bas de page » tous plus délirants les uns que les autres, des jeux de mots qui fusent et déconcentrent très momentanément heureusement. Il y a en plus un passage spécial où il parodie son héros qui est à mourir de rire. Pas de doute, ce livre fait un bien fou et je vais attendre les prochaines aventures d’Arno et lisant le roman Opération Goliath, sa première aventure. Il faut aussi préciser qu’à la fin du livre, se trouve un cahier documentaire, bien plus sérieux et plus glaçant aussi … pour redescendre de notre petit nuage !

Note : 18/20

La guerre olympique

Pierre Pelot

Lecture en partenariat avec Folio et cela grâce à Livraddict, merci pour ce SF sanglant !

Oui, ça va être sanglant …

(Quatrième de couv’ : ) Comment concilier la paix mondiale, le chauvinisme, le contrôle de la démographie, la lutte contre la délinquance et l’amour du sport ? C’est simple… Tous les deux ans sera déclarée la guerre olympique. Des épreuves mortelles où tous les coups sont permis. Pénalité des vaincus ? Dix millions de morts dans leur camp, choisi parmi des déviants dont le cerveau est piégé à l’aide d’une mini-bombe. Quelle belle invention ! Pourquoi n’y a-t-on pas pensé plus tôt ?

Après avoir vu Hunger Games au ciné, j’avais hâte de commencer ce livre dont le thème est très proche puisqu’il s’agit d’une compétition entre deux camps, deux mondes et qui se termine invariablement par des morts. Mais le roman de Pierre Pelot va plus loin,  car le but de ces jeux olympiques est de diminuer le nombre de terriens en éliminant quelques millions d’âmes choisies dans le camp perdant. Cette manière de réguler la population et de programmer cette guerre parait aux yeux de tous tout à fait équitable ! c’est effrayant de voir que peu de gens dans ce futur se révoltent contre cette tuerie programmée ! cette histoire, écrite en 1980, montre donc une vision du monde très organisée, très noire aussi. Tout est finalement décidé par des ordinateurs que tous estiment impartiaux et justes dans leurs décisions. Le peuple ne réfléchit plus et tout est fait pour cela soit « normal » de tuer les perdants et leur famille ! cela fait froid dans le dos mais notre société n’est-elle pas en train de se rapprocher de ce monde implacable ? les épreuves sportives de cette guerre olympique font tout doucement penser aux jeux télévisés et de télé-réalité de plus en plus malsains.

Au cours de cette histoire, on suit la vie de plusieurs personnes et en même temps, les épreuves de qualification et celles du Grand Parcours, le grand final de cette guerre, toutes plus sanglantes les unes que les autres, avec un foisonnement de détails (heureusement qu’il n’y a pas les images et le son !). J’ai trouvé que Pietro, la montagne de muscle, élevé uniquement pour être un héros de cette guerre, était assez attendrissant au début. Mais on se lasse vite de ses exploits et de sa compagne Virginia, élément troublant qui cache un lourd secret. Mager, un meurtrier, condamné du camp rouge, m’a laissée plutôt indifférente car sa folie ne le mène nulle part. J’ai, par contre, bien aimé suivre la vie de Yanni, condamné politique du camp blanc, qui permet d’en savoir plus sur la vie dans ce futur. Je n’en dirai pas plus sur l’histoire pour laisser le lecteur découvrir la fin !

L’auteur a un style vif, fort, sans concessions. J’ai bien accroché à l’histoire malgré le ton souvent « gore », car le dynamisme est présent dans la façon de raconter et on a envie de continuer, de savoir « qui va s’en sortir » ! il y a donc une certaine fascination à la lecture de ce roman que je conseille vivement.

Note : 16/20

 

Les leçons du mal

Thomas H. Cook.

Lecture en partenariat avec Points et cela grâce à Livraddict, merci pour cette bonne découverte !

Noir, toujours des couleurs sombres pour ce genre de livre.

(Quatrième de couv’ : ) Jack Branch est un fils de bonne famille, professeur dans un eptit lycée de Lakeland, Mississippi. Très impliqué dans son métier, soucieux de justice dans un pays encore marqué par la guerre de Sécession, il se prend d’affection pour un élève taiseux et renfrogné du nom d’Eddie Miller. Eddie se tient à l’écart de la communauté, résigné, écrasé par le poids de son ascendance: il est le fils du « tueur de l’étudiante », mort en prison quinze ans plus tôt. Le mal se donne-t-il en héritage ? Peut-on sauver les gens d’eux-mêmes ? Pour libérer Eddie de son fardeau, Jack lui suggère de mener une enquête sur son père. Le maître et l’élève découvrent peu à peu un monde ou le bien et le mal se confondent, chargé de violence et de mirages : un monde de ténèbres.

Je pensais lire un roman policier, avec du suspens, des moments de frissons, une enquête où je découvrirais les indices avec les policiers et où je chercherais à connaitre l’auteur du ou des meurtres. Eh bien non ! l’histoire ne se passe pas comme ça : ce n’est pas vraiment un livre policier. Le seul meurtre a eu lieu il y a une douzaine d’années, l’auteur a avoué. Malgré tout, on se prend au jeu et on suit la vie, dans cette petite ville, d’un professeur, d’un élève  qu’il va prendre sous son aile et des personnages secondaires attachants ou troublants selon le cas et le moment. Le héros, Jack Branch, professeur et notable de la ville, nous entraine dans un univers plein de mystères, de non-dits, de racisme envers les « pauvres » et les « noirs ». Les époques s’entremêlent, nous emportant dans le passé, dans le présent ou dans l’avenir au cours d’extraits de dialogues, d’interrogatoires. J’avoue que j’ai eu un peu de mal à « entrer dans l’histoire », mais petit à petit, j’ai mordu à l’hameçon et j’ai dévoré les dernières pages, très surprenantes d’ailleurs. Le style d’écriture est très fouillé, en même temps alerte et captivant. Les seuls passages un peu longs sont ceux qui retracent les conversations entre Jack et son père, surtout à propos de Lincoln. Les descriptions de chaque personnage sont éloquentes prenantes, les détails sont précis et montrent bien le drame qui se profile. C’est un roman sombre, avec une ambiance pesante, oppressante où personne ne gagnera, ni les riches, ni les pauvres. L’auteur a beaucoup de talent, il a su transmettre les travers de cette société américaine étouffante où les évolutions se font très lentement, où les morceaux de vie cachés de chacun des protagonistes réapparaissent, comme sortis d’un brouillard.

Finalement, un roman très surprenant et très bien écrit, qui m’a accroché plus que je ne le pensais au départ. Un roman qui fera réfléchir.

Note : 15/20