Chiens de la nuit

Kent Anderson.

Lecture en partenariat avec Folio Policier et cela grâce à Livraddict, merci pour ce policier où plutôt ce roman « sur » les policiers !

Chiens de la nuit

(Quatrième de couv’ : ) Hanson, vétéran des forces spéciales, est devenu flic à son retour du Vietnam. Les rues de North Precinct, un quartier déshérité de Portland, ne sont pas moins dangereuses que la jungle asiatique. Drogue, violence et danger sont le quotidien des policiers en patrouille. Hanson, lui, n’a peur de rien – sauf de ses souvenirs.

J’avoue avoir été tout de même déroutée après une vingtaine de pages de lecture, car ce n’est pas vraiment un roman policier comme on aurait pu penser : c’est plutôt un roman sur « les policiers », surtout sur la vie, professionnelle et intime, d’un flic américain revenu de la guerre du Vietnam. Ici, pas de mystère en cours, pas d’enquête à suivre, pas de voleurs ou méchants bien définis à découvrir comme dans un roman policier classique. Ici, tout n’est que malaise dans la description de la vie quotidienne et de tous les personnages dans cette ville américaine. On y voit la noirceur (celle de la nuit et celle des âmes !), la banalité des affaires, des enquêtes, des rivalités entre les hommes. L’auteur, qui visiblement a puisé dans ses souvenirs, nous montre le racisme, la violence et l’injustice qui sont récurrentes et inévitables. Il décrit, souvent avec des mots très durs, percutants, les événements qui se passent dans le quartier où est affecté Hanson. Il n’y a ni bons ni mauvais. Tout est glauque, l’ambiance est pesante. On assiste à la descente aux enfers du héros Hanson, qui est de plus en plus seul, qui voit ses collègues mourir et qui ne se raccroche qu’à ce qu’il croit plus malheureux que lui, un vieux chien aveugle. Ce roman noir est très bien écrit, dérangeant, poignant car petit à petit j’ai eu de la sympathie pour cet anti-héros qu’est Hanson. Ses méthodes contestables, sa façon de vivre et de régler les problèmes peuvent heurter mais on le comprend au bout d’un moment. Et on ne s’endort pas paisiblement après la lecture de ce roman. La seule chose qui m’a gênée, c’est cet incessant retour sur la guerre qu’il a vécu, sans transitions, qui me bloquait dans ma lecture. Mais ce n’est qu’un détail et c’est un livre que je ne regrette pas d’avoir lu. Il n’est pas si « facile » mais il mérite le détour.

Note : 13/20

Publicités