Le défaut du ciel

Philippe Renonçay.

Lecture en partenariat avec Phébus et cela grâce à Babelio, merci pour cette bonne découverte.

Une couverture jaune pour ne pas rater le livre dans les rayons !

(Quatrième de couv’ : ) Deux amis, longtemps pris dans une relation fusionnelle qui inquiétait leurs proches, se sont éloignés l’un de l’autre à la suite d’un accident aux circonstances peu claires. Devenu journaliste d’investigation, le premier, Clovis, est recontacté des années plus tard par la mère du second, Thomas, réalisateur de films conceptuels, marginal et secret, qui a disparu. Clovis, indépendamment des raisons troubles qui le motivent, accepte de mener l’enquête et entre de nouveau dans la vie de l’absent. Ce dernier, au moment de sa disparition, fouillait de manière obsessionnelle dans le passé d’un voisin de palier, sans histoire, discret et pourtant massacré à son domicile avec une violence inouïe. C’est en suivant à son tour cette piste que Clovis comprend que le passé du mort, autrement plus dense que les apparences auraient pu le laisser croire, est intimement lié à la guerre d’Indochine… Peut-on réparer le passé en en faisant disparaître les traces ? Oublier les blessures et les hontes intimes ou collectives en réécrivant l’Histoire ? Le défaut du ciel est le récit d’un homme qui, en cherchant la vérité d’un autre, rencontrera celle d’un troisième : trois destins liés par les thèmes sous-jacents du double, de l’identité voire de la schizophrénie… Roman sur les conséquences à long terme des guerres sur les hommes, Le défaut du ciel traite aussi de cette guerre d’Indochine si vite disparue des mémoires françaises et rarement abordée dans notre littérature.

Assez intriguée par le résumé de ce livre, je n’ai pas beaucoup attendu pour le lire en priorité. Et cette histoire m’a laissée plutôt perplexe. C’est un ouvrage qui se lit rapidement, trois soirs m’ont suffi mais j’aurais, peut-être dû prendre plus de temps car il se termine trop vite, il laisse un gout d’inachevé… il oblige le lecteur à continuer l’histoire, à chercher des explications, à se poser des questions. Tout commence comme une enquête effectuée par le personnage principal Clovis qui devient ainsi détective privé… en souvenir de son meilleur ami perdu de vue. On est intrigué car on ne sait pas pourquoi il se lance dans cette recherche à la demande de la mère de Thomas qui ne donne plus signe de vie ! on dirait que Clovis a quelque chose à se reprocher ! le mystère et les « pourquoi ? » sont permanents.  On se laisse entrainer dans un tourbillon, les faits anciens et récents se croisent et se décroisent; on est parfois assez perdu et on déroule un fil d’Ariane, on remonte le temps pour comprendre avec Clovis ce qui s’est passé lors de la guerre d’Indochine et, actuellement en France. Qui était vraiment l’homme assassiné à Paris. L’ambiance est étrange, glauque même, les réactions des personnages secondaires sont troublantes. On commence à mettre en place les pièces du puzzle et on s’aperçoit qu’il en manquera toujours : les personnages du roman ne dévoilent pas tout, ou alors à petites doses, il faut imaginer. Et pourtant la fin était, à mon avis, tellement prévisible !

Le style original de l’auteur convient bien à ce type de récit : fluide, moderne, sans fioritures, interpelant le lecteur qui rentre dans le jeu et le fait réfléchir. En résumé, ce livre ne m’a pas laissée indifférente et me donne envie de découvrir les autres écrits de l’auteur. Je vous le recommande, n’hésitez pas à le lire si vous en avez l’occasion.

Note : 15/20

 

Une brève histoire du tracteur en Ukraine

Marina Lewycka

Une couleur rose bien prononcée !

(Quatrième de couv’ : ) Quand leur père Nikolaï, veuf depuis peu, leur annonce qu’il compte se remarier avec Valentina, Vera et Nadezhda comprennent qu’il va leur falloir oublier leurs vieilles rivalités pour voler à son secours. Car Valentina a 50 ans de moins que lui, des ogives nucléaires en guise de poitrine, et un certain penchant pour les plats surgelés. Mais surtout, elle est prête à tout pour assouvir sa quête du luxe à l’occidentale. Tandis que le vieil homme poursuit son grand oeuvre – l' »histoire du tracteur » -, une bataille épique commence…

Très bonne surprise que ce roman dont la couverture et le titre bizarre m’ont attirée  alors que je me promenais dans les rayons de ma librairie favorite. Et je n’ai pas été déçue du tout ! L’auteur nous dépeint une tranche de vie d’immigrés Ukrainiens dans la campagne anglaise. Nikolaï, ex-ingénieur, vieux monsieur veuf et ses deux filles bien installées dans la société vont nous faire découvrir plusieurs histoires en parallèle. Tout d’abord, on va assister à l’affrontement entre les deux sœurs et leur nouvelle garce de belle-mère, (aussi jeune qu’elles), venue d’Ukraine croyant épouser un riche veuf et dont le seul but et de pouvoir rester en Angleterre. Cela va donner lieu à des rivalités, des conflits entre les sœurs qui vont se réconcilier et leur père qui, à 84 ans, ne veut pas entendre raison, même quand il est menacé de mort par sa « nouvelle épouse » !

On va aussi comprendre qu’elle a été la vie de Nicolaï, de sa première femme et des filles, son parcours tourmenté avant de venir en Angleterre et pourquoi il se réfugie dans l’écriture de son « histoire des tracteurs » qui est devenu son seul intérêt depuis des années. Le roman est bourré de détails, on visualise bien les décors, les descriptions, on voit les personnages et malgré ces informations poussées, je n’ai pas eu envie de « sauter des pages » pour aller plus vite comme ça m’arrive parfois. J’ai même essayé de m’intéresser à cette histoire de tracteurs !

Malgré certaines situations vraiment pathétiques, et par moment terribles, l’humour est permanent, on rit très souvent, à cause des situations, des dialogues ciselés, des machinations rocambolesques ourdies par Valentina, la belle-mère, ou par les deux sœurs qui complotent. J’ai vraiment adoré ce livre, malgré certains moments tristes, surtout pour son énergie qui m’a entrainée dans cette aventure racontée par la plus jeune des sœurs. Au final : un vrai bijou !

Note : 17/20

Le voleur d’ombres

Marc Levy

Une couverture simple.

(Quatrième de couv’ : )

« — Maintenant, assieds-toi, il faut que l’on parle, a dit l’ombre.
Je me suis assis en tailleur sur le sol.
— Tu as un pouvoir très rare, il faut que tu acceptes de t’en servir, même s’il te fait peur. — Pour quoi faire ?
— Trouve pour ceux dont tu dérobes l’ombre cette petite lumière qui éclairera leur vie, un morceau de leur mémoire cachée, c’est tout ce que nous te demandons.
— Nous ?
— Nous, les ombres, souffla celle à qui je m’adressais.
J’ai souri, je comprenais très bien de quoi elle parlait. »

Ce n’est pas dans mes habitudes de lire de romans « classiques » et encore moins ceux d’un auteur plutôt connu et souvent raillé. Le résumé m’a séduite et je l’ai acheté, pour voir. L’histoire est plaisante, le style est simple, les phrases courtes. On accompagne la vie d’un jeune garçon qui s’aperçoit qu’il a un pouvoir étrange dés que son ombre est en contact avec l’ombre de quelqu’un. Cette première partie est amusante, parfois étrange, pleine de bons sentiments, de quoi faire « pleurer dans les chaumières ».  Il y a bien sûr un problème car ses parents ont divorcé, son père lui manque et cela l’éloigne encore plus des autres enfants. La deuxième partie est plus intéressante, il est maintenant étudiant et a du quitter son village pour devenir médecin à Paris. Mais il y a beaucoup d’invraisemblances et les problèmes, au soleil, dus à son ombre, que le héros avait, ne sont bizarrement plus d’actualité ! on assiste à ses déboires avec l’hôpital où il fait des gardes, son amie-amante qui ne sait pas comme faire évoluer leur relation. Son enfance s’éloigne et ses rapports avec sa mère s’espacent malgré lui. On assiste à son retour dans son village d’enfance, lors de quelques jours de congés et sur les lieux de ses vacances d’été ! rien de bien original, de transcendant. Les autres personnages sont sympathiques, son ami d’enfance en particulier ainsi que le gardien de son école. Tout semble léger, fluide, la vie s’écoule et on lit un peu machinalement. Les chapitres se déroulent sans prise de tête et après quelques heures la fin arrive, fin qui est très prévisible et qui laisse un goût d’inachevé. J’aurais aimé plus de péripéties, plus d’originalité dans le déroulement : le coté fantastique est très, très peu abordé. Cette histoire d’ombre se délite au fur et à mesure que l’on avance dans le roman : dommage ! il ne me laissera pas un grand souvenir…mais j’aurai fait l’effort de lire un roman de Marc Levy.

Note : 12/20

Le mec de la tombe d’à côté

Saga Benny et Désirée, tome 1.

Katarina Mazetti.

Classique pour une couverture du genre.

(Quatrième de couv’ : ) Désirée, veuve depuis peu, se rend régulièrement sur la tombe de son mari, mais par acquit de conscience essentiellement… Son mariage tenait plus du «copinage» que du grand amour. Au cimetière, elle croise souvent un homme de son âge, qui vient se recueillir sur la tombe d’à côté, et dont l’apparence l’agace autant que ladite tombe avec sa stèle tape-à-l’oeil. Bibliothécaire, Désirée se consacre tout entière à son travail. Quant à Benny, il s’est retrouvé seul à gérer la ferme familiale et ses 24 vaches laitières après le décès de sa mère. Rien, a priori, ne rapproche ces deux-là, et pourtant, il suffira d’un sourire qui éclate simultanément sur leurs lèvres pour qu’ils soient tous deux éblouis. C’est le début d’une histoire d’amour assez cocasse !

Une amie m’a prêté ce roman qu’elle avait beaucoup apprécié. Je l’ai lu très vite, emportée par le rythme de l’écriture, sans temps mort. C’est un livre divertissant, frais, avec beaucoup d’amour et d’amitié, de joies et de peines ! un livre qui m’a laissée souriante et amusée. Bien sûr ce n’est pas de la grande littérature mais j’ai vraiment passé un très bon moment. Dés les premières pages, on est surpris par la situation cocasse de cette rencontre dans un cimetière et on a envie de savoir comment vont se dérouler les choses, comment ces deux êtres, Désirée et Benny, que tout oppose, vont parvenir à se trouver. Ils vivent chacun sur une planète différente, avec des codes, des habitudes que chacun trouve bizarres. Bien que tout les oppose, ils s’aiment et on assiste à leurs efforts pour s’adapter à la vie de l’autre. On rit beaucoup en lisant ce livre, bien que, parfois, il y ait quelques exagérations. Les personnalités des deux héros éclipsent celles des personnages secondaires dont on suit les vies et les interventions de façon distraite. L’écriture est vive, facile. Les chapitres sont alternativement consacrés à chacun avec souvent la même histoire racontée par Désirée puis par Benny. C’est cette confrontation qui est intéressante, on ne sait pas comment ça va continuer, qui va réussir à entrainer l’autre dans son monde. Il faut dire qu’il y a peu de points communs entre une bibliothécaire et un éleveur de vaches laitières. Ils ont beau essayer et faire des efforts, tout ne se passe pas aussi bien ! mais je ne vais pas vous raconter la fin ! c’est un livre romantique, humoristique et « souriant » qu’il faut déguster et garder en mémoire quand on vous parlera du choc des cultures, car il en est un exemple frappant.

Note : 16/20

Le Magasin des Suicides

Jean Teulé.

Une belle couverture JAUNE !

(Quatrième de couv’ : ) Imaginez un magasin où l’on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l’humeur sombre jusqu’au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre.

Je suis tombée, par le plus grand des hasards, sur ce petit livre à la couverture jaune, éclatante, dont le titre ne laissait présager rien de très amusant. L’auteur m’était familier, je l’avais vu passer, parfois, à la télévision et j’avais beaucoup aimé son ton humoristique et sarcastique. Donc, j’ai acheté le bouquin, pour voir ! Difficile à décrire cette tranche de vie où l’on parle principalement des différentes façons de se donner la mort ! L’histoire se passe dans le futur, dans une ville quelconque. On suit la vie d’une famille dont tous les membres (les 3 enfants en particulier) sont très originaux, chacun à leur manière. Tout est voué à la tristesse dans ce petit magasin familial où les clients ne reviennent jamais car ils y ont trouvé leur « bonheur » ou plutôt leur malheur !

J’ai lu cette fable en quelques heures, ne pouvant me détacher de cette histoire délirante à souhait : de l’humour noir, en veux-tu, en voilà, des répliques absolument décapantes…on est entrainé dans ce récit qui paraît tellement réel et où toutes les bonnes actions deviennent mauvaises et inversement. Le style est nerveux, délié et précis. Les personnages sont très bien décrits, avec beaucoup de détails. Ils voient la vie de la même façon, sauf le petit dernier de la famille qui est le « vilain petit canard » et qui n’a qu’un but : faire rire et rendre heureux les autres. Evidemment, ses parents ne vont pas être d’accord et c’est très amusant de voir l’affrontement entre les membres de cette famille et ceci jusqu’à la fin du livre que je ne vous dévoilerai pas : il faut la découvrir par vous-même ! Malgré cette ambiance tournant autour de la mort et des différents moyens d’y arriver, on rit constamment et c’est finalement un livre qui redonne de l’énergie pour la journée et que j’ai adoré.

Note : 18/20

Comment (bien) rater ses vacances ?

Anne Percin.

Simple comme couverture ...

(Quatrième de couv’ : ) Pour échapper aux vacances en famille, Maxime choisit d’aller chez sa grand-mère.
Il avait tout prévu pour passer des jours tranquilles devant son ordi… sauf la crise cardiaque de sa grand-mère. Le voilà seul pendant son hospitalisation, et les vacances vont se transformer en feuilleton délirant !

Cette histoire que j’ai lue en quelques heures, un dimanche après-midi où je ne savais pas trop quoi faire, m’a entrainée dans un univers délirant à souhait ! je pensais juste lire un ou deux chapitres  pour voir….Quand on aborde le roman, on se demande vraiment ce qui arrive à cet adolescent aux réactions vives et actuelles. Tout parait simple au départ… mais l’improbable va arriver et l’entrainer dans des aventures rocambolesques. Alors que Maxime pensait passer des vacances cool chez sa grand-mère, gâté par ses bons petits plats, à paresser devant son ordinateur après s’être levé tard, il va être obligé de se comporter comme un adulte et de faire face : les confrontations avec la police, les médecins, la famille, le monde des adultes responsables en général vont donner lieu à beaucoup de quiproquos, de situations humoristiques. On vit avec lui, on compatit et on l’encourage. En quelques semaines, on le voit évoluer, prendre les choses en main, se débrouiller très intelligemment pour gérer le quotidien. Les situations sont très drôles, les réparties très modernes et vivantes : on se croirait dans un film. J’ai eu pas mal de fous rires sur mon canapé ….et c’est assez rare pour le signaler.

Le style est alerte, enjoué et insolent sans que l’auteur en fasse trop : ça sent le « vécu ». Les réflexions sont actuelles, dynamiques. On a beaucoup de sympathie pour les personnages : Maxime, son amie d’internet, sa mamie moderne telle qu’on la rêve tous. Et quand le roman s’achève, on est triste de devoir arrêter de suivre la vie de cet adolescent devenu adulte avant l’heure. On imagine les explications données aux parents qui, eux aussi, ont eu pas mal de problèmes durant ces vacances !

Ce roman destiné à la jeunesse peut être lu aussi par les adultes : je l’ai d’ailleurs fait lire à ma mère qui l’a adoré. Il m’a apportée une bouffée de bien-être, vivifiante et j’ai terminé la journée avec plus d’entrain. J’espère que l’auteur écrira un autre roman du même style avec un humour aussi décapant.

Note 17/20