La Divine géométrie

Karen Engelmann.

Lecture en partenariat avec JC Lattès et cela grâce à Livraddict, merci pour ce livre instructif !

La divine geometrie

(Quatrième de couv’ : ) En cette année 1791, à Stockholm, la vie est presque parfaite pour Emil Larsson, fonctionnaire au Bureau des douanes, joueu r et célibataire endurci. Mais voilà qu’un soir, Mme Moineau, tenancière d’une maison de jeu très privée et cartomancienne de son état, lui fait part d’une vision qu’elle a eue le concernant : amour et union sont promis à Emil. Elle lui propose de lui tirer une Octave, un tarot préfigurant les huit personnes susceptibles de l’aider à réaliser cette vision, s’il parvient à les trouver. Intrigué, Emil commence donc sa quête. Mais au cour s d’une partie de cartes, les pouvoirs de l’Octave se révèlent dans toute leur profondeur : il ne s’agit plus seulement d’une affaire de cœur. Réunir les Huit est à présent crucial pour tirer le pays du chaos qui le menace. Sous le règne du roi Gustave III, tandis que les vents révolutionnaires font rage à travers les capitales européennes, La Divine Géométrie nous présente une galerie de personnages hauts en couleur dans un récit empreint de mystère et de magie.

Voilà un premier roman qui met la barre très haut !  l’écriture m’a emportée dans un monde très particulier qui ne traite pas vraiment de géométrie, comme le laissait penser le titre, mais plutôt du pouvoir secret des éventails et des cartes. Nous suivons la vie de plusieurs personnages dans la Suède du 18ème siècle, surtout celle d’Emil qui essaie de s’élever dans la société, de faire partie des gens qui comptent, qui ont des « relations ». Madame Moineau est aussi une personne très étrange et attachante qui nous entraine dans le monde de la cartomancie de façon bien spéciale avec l’Octave. D’autres protagonistes sont plutôt manipulateurs, intrigants et malfaisants comme la Uzanne, manipulatrice d’éventails et aussi des gens qui l’entourent. Les histoires de cœur, de pouvoir et de vies tout simplement, s’entrecroisent dans chaque chapitre nous tenant en haleine tout au long du livre. Après quelques chapitres, j’ai pris le rythme et  j’avais bien du mal à me détacher du roman, de son ambiance singulière. L’écriture est précise, très documentée. Les détails très présents, ne sont pas pesants comme dans certains romans et on apprend beaucoup de choses sur les intrigues de l’histoire, la vie en Suède à cette époque, les liens avec la France, la fabrication des éventails, les cartes et leur pouvoir sur les êtres qui leur font confiance, comme ici les principaux personnages. Ce roman m’a vraiment dépaysée, l’époque et le lieu dans lesquels il se passe sont rarement présents dans les romans. J’ai découvert tout un univers original qui me donne envie de lire cette auteure si elle fait paraitre un deuxième roman. Son style m’a plu, je ne me suis pas ennuyée du tout. Je pense même que cela ferait un bon scénario de film ou de série car je visualisais très facilement les scènes et les costumes. En résumé, une belle découverte !

Note : 17/20

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Je ne sais plus qui tu es

Ali Knight.

Lecture en partenariat avec J.C Lattès et cela grâce à Livraddict, merci pour ce super livre !

Je ne sais plus qui tu es

(Quatrième de couv’ : ) Avec des enfants adorables et un mari parfait, Kate Forman mène une existence enviable. Mais un soir, tard dans la nuit, elle le retrouve effondré sur le carrelage de la cuisine, ivre, les mains couvertes de sang, marmonnant des paroles confuses et inquiétantes d’où il ressort qu’il aurait tué quelqu’un … Mais qui ? Lorsqu’une belle jeune femme qui travaillait pour lui est retrouvée assassinée, les soupçons de Kate la conduisent à une quête désespérée pour découvrir la vérité qui menace de détruire le petit univers idyllique qu’elle s’est soigneusement construit.

En lisant la 4ème de couverture de ce livre, j’ai pensé : voilà un thème très classique d’une femme qui découvre, lors d’une soirée où il rentre les mains en sang, le véritable visage de son mari. Eh bien non, détrompez-vous, ce n’était pas aussi simple que ça ! et ce fut une très agréable découverte. J’ai eu beaucoup de mal à quitter ce livre qui m’a tenue en haleine quelques soirs. Jusqu’à la fin je n’aurais pas su dire qui était le coupable….et même « après la fin » j’ai un doute, il y a peut-être plusieurs coupables, les derniers paragraphes laissent planer un sentiment de suspicion et une atmosphère troublante. Le roman est écrit à la première personne et on suit l’héroïne dans sa recherche de la vérité. Elle doute de son entourage et apparait tantôt victime, tantôt coupable… tout se mélange et s’accélère. Le monde autour d’elle n’est pas celui dans lequel elle croyait vivre et se sentait à l’abri. Les autres personnages sont aussi très présents, attachants ou détestables suivant les moments, que ce soit son mari et ses enfants, ses amis ou ses collègues. Pour tout dire : on n’est sûr de rien dans ce récit ! l’auteur, dans un style net et précis, nous emmène où il veut, nous fait douter jusqu’au bout. Les rebondissements sont bien orchestrés et finalement ce qui paraissait simple devient complexe. La police et son enquête sont souvent en retrait et c’est l’héroïne qui cherche les indices, les preuves (qui parfois se retournent contre elle), fait des découvertes avant les autres. J’ai vraiment passé un bon moment et c’est un livre qui cache bien son jeu et que je conseillerais à tous les amateurs du genre. Et peut-être y aura-t-il une suite ? je l’espère en tout cas.

Note : 17/20

La vie sexuelle des canibales

J. Maarten Troost.

Lecture en partenariat avec Folio et cela grâce à Livraddict, merci pour ce voyage !

La vie sexuelle des cannibales

(Quatrième de couv’ : )On s’amuse ferme en découvrant l’histoire vraie de ces deux années de séjour, aussi épouvantables qu’hilarantes, aux îles Kiribati, petite nation perdue au fin fond du Pacifique Sud – qui pourrait bien être le pire endroit du monde. À vingt-six ans, Maarten Troost – qui s’ingéniait à différer son entrée dans la vie active en accumulant les diplômes universitaires inutiles, avant d’enchaîner les boulots intérimaires – décide de partir pour Tarawa, un lointain atoll du Pacifique, capitale de la république des Kiribati. L’idée de tout laisser tomber et de s’en aller au bout du monde paraît d’un romantisme échevelé à ce jeune homme déboussolé, mais incapable de tenir en place. Comme quoi, tout le monde peut se tromper. La vie sexuelle des cannibales retrace l’épopée désopilante qui commence dès que Troost découvre que Tarawa n’est pas le paradis tropical dont il rêvait. Passant d’une mésaventure cocasse à la suivante, il doit faire face à une chaleur inexorable et étouffante, à tout un assortiment de bactéries meurtrières, à une mer polluée, à des poissons toxiques – le tout dans un pays où la seule musique que l’on peut entendre, à des kilomètres à la ronde, n’est autre que « La Macarena ». Avec son amie, la vaillante Sylvia, ils vont passer leurs deux années à se battre contre des fonctionnaires gouvernementaux incompétents, contre toutes sortes de créatures d’une taille inquiétante, contre les caprices de l’électricité locale et contre des choix alimentaires plus que limités (sans parler de la consternante « crise de la bière ») ; et à s’accommoder, aussi, d’un étrange assortiment de personnalités du cru, parmi lesquelles figurent « Semi-Fredo », dont les facultés mentales ont été quelque peu diminués par les abus de substances variées, et le poète lauréat autoproclamé du pays (un Britannique plus porté sur les verres, petits et grands, que sur les vers). Avec La vie sexuelle des cannibales, Maarten Troost nous offre un des récits de voyage les plus originaux et les plus drôle de ces dernières années – un récit qui permettra au lecteur de mieux apprécier certains produits courants de la vie moderne, le café, les douches à volonté ou la presse à scandale, par exemple. Et qui pour une fois le laissera soulagé d’avoir vécu cette aventure par procuration.

Je crois que, comme beaucoup de lecteurs, c’est le titre et la photo du livre qui m’ont interpellée. Le résumé avait ensuite attiré mon attention. Je me voyais déjà partir pour un amusant voyage dans les îles ! d’où ma surprise, quand même, au bout de quelques pages car ce n’est pas un roman « léger » mais une histoire vécue par l’auteur et sa femme. Le ton est sérieux avec quelques fois de l’humour et de la dérision surtout dans la deuxième partie du récit : heureusement d’ailleurs ! l’auteur nous raconte tout, mais vraiment tout ce qui lui arrive dés son arrivée dans ces iles perdues et inconnues de tous….et ça ne nous donne pas envie d’aller voir tant la vie là-bas est difficile. Aucun détail ne nous est épargné : la mer qui sert de toilettes, la nourriture avariée, les maladies multiples et les coutumes bizarres. L’auteur est le personnage central, sa femme parait distante, dans son petit monde du travail, les autres personnes n’interviennent que de temps en temps, pas assez pour qu’on s’y intéresse. Ce qui reste vraiment c’est cette atmosphère pesante, ce malaise latent qui règne dans ces bouts de terre oubliés du monde. Le gouvernement est inexistant, tous attendent on ne sait quelle amélioration, tous se résignent à survivre dans des conditions déplorables… et petit à petit l’auteur s’y fait, prend le pli se fond dans la masse des autochtones. La lecture de ce livre n’est pas facile, pas fluide et souvent j’ai survolé les paragraphes trop confus ou trop descriptifs à mon goût. J’ai manqué de patience surtout dans la première moitié du récit puis, vers la fin, j’ai plus apprécié l’écriture et la vie racontée : comme l’auteur, on dirait que je me suis habituée ! c’est vrai que cette histoire remet les idées en place et on ne voit plus la vie dans les îles de la même façon ! en définitive, ce fut une découverte intéressante.

Note : 13/20

Tout passe

Bernard Comment.

Lecture en partenariat avec Points et cela grâce à Livraddict, merci tout de même pour ce livres de nouvelles !

Tout passe

(Quatrième de couv’ : ) Une vieille dame qui s’apprête à partir avec ses secrets, dans le calme d’une piscine. Un fils qui s’interroge sur un père qu’il n’a pas connu ou presque. Un veuf qui enterre méthodiquement sa richesse. Les conséquences d’une fausse annonce. Un lecteur dans une bibliothèque numérique, par temps de panne électrique. Dans chacun des neuf récits qui composent ce livre, des bribes de passé se dévoilent, et une interrogation se pose, sur le futur et ce qu’il convient de lui transmettre ou non. Que retient-on d’une vie ? De sa propre vie ? Qu’en restera-t-il ? Quelles traces laisser ? Comment infléchir le destin ? Dans un monde qui change, où la continuité est peut-être une illusion qui fait naufrage, les personnages inventés par l’auteur essaient de faire le point (comme on dit aussi d’une caméra). Pas forcément pour y voir clair. Mais pour garder les yeux ouverts, avant la nuit, et dans la nuit.

Je sais que beaucoup de personnes n’aiment pas les livres de nouvelles : moi j’aime bien car ça permet de « vivre vite » une histoire, d’être tout de suite accrochée, d’aller à l’essentiel. Le résumé de ce livre de Bernard Comment m’a tout de suite attirée. Mais comme le dit très bien le titre : « tout passe »…et c’est ce qui est vraiment arrivé. Les neuf histoires sont passées, sans rester dans ma mémoire, comme un coup de vent lancinant emportant les mots, les personnages, les histoires. Je n’ai pas apprécié le style de l’auteur, fluide et recherché mais trop répétitif, sans vraies pauses entre les phrases, les descriptions. Il manque d’espaces de respirations et les histoires s’enchaînent trop vite pour pourvoir les savourer. On a du mal à suivre. J’ai eu l’impression que la fin était parfois tronquée ou même inexistante, qu’il manquait une explication (par exemple pour « un fils »). J’ai eu du mal à « comprendre » l’intérêt de certaines nouvelles comme « hors-jeu » ou « une panne ». Et pourtant ce n’est pas faute d’avoir essayé ! Les personnages ne sont pas attachants, ils m’ont semblé interchangeables d’une histoire à l’autre, certainement à cause des prénoms semblables et classiques. Il se dégage aussi de ce recueil de nouvelles une mélancolie, une lassitude, un mal-être sûrement. L’auteur semble vraisemblablement être quelqu’un de pessimiste vis à vis de l’avenir, des gens, de la vie en général. Il n’a pas su me transporter dans son monde, je suis restée à attendre le déclic de la nouvelle que j’aurais envie de relire un jour avec plaisir. Dommage, pour cette fois, je ne relirai rien et je suis restée sur ma faim.

Note : 11/20

Kilomètres compteurs

Hubert Lauth.

Lecture en partenariat avec Robert Laffont et cela grâce à Livraddict, merci pour ce livre contemporain !

Kilometres compteurs

 

( Quatrième de couv’ : ) Ce roman nous conduit sur les routes de France, petites et grandes, à bord d’une ID, voiture mythique et soeur jumelle de la DS.Mots aiguisés, gourmandises des itinéraires, rencontres inattendues, joyeux étonnements… Hubert Lauth, en faisant d’une automobile le personnage central de son livre, réussit à nous emmener loin, si loin et au plus près des émotions et des bonheurs de l’escapade.

Un titre accrocheur, original et une couverture fraiche et printanière : j’étais déjà intriguée avant le résumé de cet ouvrage. Et je n’ai pas été déçue par ce tout petit livre de moins de 150 pages mais qu’il faut lire tout doucement, en savourant chaque mot, chaque phrase. Cette ballade racontée avec le regard croisé d’une voiture célèbre il y a une cinquantaine d’années, nous fait découvrir une partie de la France de l’époque. On a l’impression de dérouler un film ancien quand la route défile sous les roues de cette magnifique auto. On profite du paysage, tout est minutieusement décrit, aucun détail ne manque sur les maisons, la gastronomie, les rues, les montagnes et les routes sinueuses. Un régal pour les personnes qui aiment ce type de promenades de vacances où l’on découvre tous les aspects d’une région, vacances que j’avais l’habitude de passer ainsi avec mes parents jusqu’à l’année dernière. L’auteur a su me transporter (en voiture bien sûr) dans son univers poétique, délicat et foisonnant de détails.

Il faut se prendre au jeu et voyager en rêve avec lui, depuis l’acquisition de cette superbe automobile. Et en parcourant toutes ces routes et traversant ces villages, on fait des rencontres originales avec certains « grands » de ce monde tels les époux De Gaulle ! c’est plus vrai que nature et l’auteur sait narrer ces épisodes de manière tellement réelle qu’on voudrait continuer la route, tranquillement, à l’arrière de cette voiture mythique.

Bien évidemment, il ne faut pas chercher une intrigue, le but de ce livre n’est pas là. On le savoure à petites touches. Le style de l’auteur nous entraine dans son sillage, car tout est fluide, bien écrit, bien documenté. C’est un premier ouvrage qui promet, qui permet de se reposer en attendant d’attaquer des romans d’action, mais qui m’a emballée et charmée.

Note : 16/20

 

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